Neil Armstrong

en avait emporté un exemplaire

au cas où il y serait resté ...



Un supplément d’humanité

C'est au cœur d'une société afghane où la menace talibane dicte encore les comportements, sous un pouvoir corrompu, plus ou moins manipulé par l'insolente supériorité technologique et militaire de la Coalition occidentale, que le commandant (qomaandaan) Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul mène une enquête difficile, dont les enjeux le dépassent.

Ses ennemis sont puissants, il dispose de peu de moyens, mais c'est un homme de principes, solide, intègre. Ses combats passés contre l'occupation russe et le régime des Talibans forcent le respect de ses adjoints et même d'anciens adversaires qui partagent avec lui l'espoir d'un Afghanistan de tolérance.

Musulman pratiquant et modéré, il est marié à une épouse qui se met en danger à sa manière, dans son combat clandestin pour l'égalité.

Pour mener son enquête, le qomaandaan devra s'opposer à sa  hiérarchie, en grande partie liée aux forces qui le menacent, mais il ne renoncera jamais. Il sait jouer de ses contacts, négocier et composer intelligemment avec les susceptibilités, les sensibilités et les coutumes ethniques, dans ce pays profondément déchiré.

La chasse à l'homme nous emmène des ruelles sordides de Kaboul aux fascinants paysages des montagnes afghanes et de leurs villages oubliés. On y découvre des personnages attachants et la dignité d'un peuple.

Une écriture efficace, au réalisme travaillé. L'auteur y manifeste une connaissance de ce pays, qu'il a su mettre au service de ce thriller, avec un supplément d’humanité ...

 

L’homme de Kaboul Cédric Bannel

éditions Robert Laffont

(parution 15 mars 2011)



« Ma Mélinée / O mon amour / Mon orpheline » ...
Louis Aragon

Trouvé un dimanche de mai 2012 sur une brocante ...

Mélinée Manouchian, épouse de Missak, est morte il y a 25 ans. Dans le poème "L'affiche rouge", Louis Aragon reprend des passages de la dernière lettre de Manouchian à Mélinée, écrite juste avant qu'il soit fusillé par les nazis avec 22 de ses compagnons. Ce poème, mis en musique et chanté par Léo Ferré, trouve aujourd'hui, avec la chasse à l'étranger devenue ordinaire, une nouvelle résonance.

La chanson (ici par Marc Ogeret) : http://www.deezer.com/artist/84760

juillet 2012 - Des gens très bien - Alexandre Jardin

Après "Paroles de mort", mes dernières lectures intéressantes, éclectiques, pas toujours actuelles, mais rien que du plaisir de lire, en toute subjectivité :

"DES GENS TRÈS BIEN" (Alexandre Jardin) en poche, que je viens de refermer.
Alexandre règle ses comptes et son compte au grand-père, Jean Jardin, le Nain jaune, auxiliaire de Pierre Laval, en poste et responsable le jour de la rafle du Vél' d'Hiv, le 16 juillet 1942.
Longtemps après avoir vécu dans l'illusion entretenue avec soin par tous ses membres, d'une famille très bien sous tous rapports, Alexandre Jardin, révolté par sa propre complicité "négationniste" de l'Histoire familiale, passe grand-père, père et entourage au kärcher de la vérité.
Courageux même si un tantinet obsessionnel et répétitif. Ceux qui penseraient retrouver la douceur de "Fanfan" vont être secoués ...

novembre 2012 - Claude Vinci

Ce n’est pas une lecture plaisir, mais une triste exception à la règle annoncée pour cette page «BIALALU».

Je viens de l'apprendre (lien plus bas), en cherchant une nouvelle fois à savoir si Bleu si bleu, mon premier amour de vinyl, avait réussi à se faire graver en CD. Non, il n’a pas réussi.
De Claude Vinci on trouve deux CD : "Racines" et "40 ans de chansons", mais Bleu si bleu manque à l'appel.

Quand Claude Vinci est parti, j'avais le dos tourné et le ciel était peut-être gris, peut-être stupidement bleu.

"Bleu, si bleu" (paroles de Joël Holmès) restera donc sur 33T (disque "Octobre"), archivé de poussière avec d'autres titres.

Bleu, si bleu, ce trou dans le ciel, est-ce par là que Claude Vinci s'est éclipsé, en mars dernier, sans qu'une seule ligne ne bouge ?

Claude Vinci  m'a ouvert des chemins d'adolescence vers d'autres auteurs, même si nous n'étions pas du même Parti. Je suis, faut-il en avoir honte ? du parti d’en rire, comme Pierre Dac.
Je l’avais «rencontré» dans mon village du sud où il était venu colorer le soir de poésies chantées. Je n’ai pas osé, comme d’autres, bousculer les copains pour faire signer une pochette, je n’avais d’ailleurs à l’époque pas les moyens de me payer un électrophone, et le seul vinyl que je possédais («Ferré chante Aragon») était punaisé, déployé au mur de ma chambre.

Je me souviens des mots d'Éluard, d'Aragon, d'autres textes de poètes et de ceux qu'il a signés et enveloppés de sa voix chaude, quelque part entre Ogeret, Ferrat et Ferré. De La merveilleuse aurore (Jean Dréjac, musique de Philippe-Gérard), de Chante une femme (paroles de Jean Arnulf) aussi.

Claude Vinci est parti pour nulle part, sans troubler le silence, sans faire bouger une ligne, dans la belle indifférence d’un ciel Bleu si bleu.

Sur le blog ci-dessous, où m’a percuté la nouvelle de sa mort, un émouvant adieu :

http://delafenetredenhaut.blogspot.fr/2012/10/un-poete-est-parti.html

juillet 2012 - Paroles de mort
Christine Rogueda et Jean-Marc Philippon

critiques de livres lus, souvent appréciés, parfois détestés

Manouchian,
Mélinée Manouchian

Les Éditeurs Français Réunis
(paru en 1954)

lu en février 2014


Les linges de la nuit (Julliard, 1974)
Madeleine Riffaud

1974 ! Encore une fois, ne me demandez pas pourquoi je ne lis ce livre que quarante ans après sa parution, il n’y a d’autre explication que négligence ou paresse.
On y trouve le roman vrai de l’abandon misérable (dans tous les sens du terme) de l’Hôpital public sous la France de Giscard, cette France «grande et généreuse» que nous vante la Ve république depuis de Gaulle.

On y découvre le travail, difficile, exténuant, généreux, méconnu et mal rémunéré des aide-soignantes et des infirmières abandonnées mais attachées à ce service public de santé.
Madeleine Riffaud, poète, journaliste, Résistante sous le pseudo Rainer et ensuite correspondante de guerre au Viet-Nam pour l‘Humanité, cache ici sa véritable identité.
Elle est entièrement Marthe, aide-soignante et infirmière, qui se salit les mains aux «linges de la nuit», se bat pour les passagers de ce naufrage, pour tenter de sauver leur part d’humanité, et pour dénoncer par l’écrit (les cris) l’état d’urgence.
Ce livre a contribué à informer, remuer l’opinion, rendre populaire et juste le combat des personnels soignants, et obliger quelque peu les pouvoirs publics à se préoccuper de l’Hôpital, même si ...

Et dans cette perspective, Marthe-Madeleine a écrit pour le  XXe siècle une page d’Histoire.


autre livre lu de Madeleine Riffaud : Dans les maquis viet-congs

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achetés neufs en librairie
ou chinés en fouzitou

acheté en décembre 2014 et livre de chevet depuis

Cent titres (Grasset, 2014)
Clémentine Mélois

J’ai rencontré virtuellement Clémentine Mélois

comme pas mal de monde, un jour de Facebook

intensif, où je suis tombé sur ce Maudit Bic,

que je tiens pour un détournement majeur,

malgré d’autres beaux détournements de sa main.

Je n’écris pas «détournement de majeur»,

mais c’est quand même un peu ça,

puisqu’elle me détourne, involontairement

je l’admets, depuis ce maudit Bic,

de mes occupations antérieures pour

surveiller ma page d’accueil Facebook

dans l’espoir d’une nouvelle facétie.

Espoir récompensé, car elle se dépense

sans compter, couvertures de livres,

contenus, documents, objets, expos.

Et il y a les commentaires des suiveurs,

qui ne lâchent rien non plus, les bougres.

Et maintenant le livre papier, revenons-y, Cent titres, cent couvertures, habilement relookées avec tendresse et humour, complétées d’un commentaire qui situe et explique. C’est parfois nécessaire car la culture du lecteur n’englobe pas la BN. Cent couvertures qui composent l’ouvrage.
Passée la dédicace («À toi», merci beaucoup), le livre s’ouvre sur une authentique préface de Jacques Roubaud, Oulipien de longue date. Ce n’est pas rien, même si Roubaud s’essaye lui aussi à l’exercice sans photoshoper quoi que ce soit et je trouve que c’est un peu bâclé (excuses et respect pour le reste de sa production poétique) ou peut-être s’agit-il du rideau de fumée qui cache le troisième degré.



Détournement, caricature ou pastiche, Clémentine Mélois use de jeux de mots, de glissements de sens, d’anagrammes, de contrepèteries, emprunte à Dada comme à Pierre Dac ou à Devos, au verlan retrouvé comme au langage SMS des djeuns.
On repère la filiation, de l’original au rejeton détourné, dans la mutation du titre, celle du nom de l’auteur, dans l’image et ses indices visuels, détails jamais gratuits. Parfois il faut creuser, si on y tient, plus profond, dans le contexte, celui de l’histoire de l’œuvre , la bio de l’auteur, convoquer ses personnages. Il est des couvertures évidentes, d’autres qui paraissent offrir une entrée rez-de-chaussée au premier coup d’oeil et fuient ailleurs au second ou au troisième degré, et d’autres encore qui ne se laissent pas faire la peau facilement, on s’en rend compte à son propre désarroi, contraint alors de se réfugier dans la lecture des explications de l’auteur ou des commentaires de plus éclairés que soi (sur Facebook).
Inutile de défricher à votre place cet étonnant territoire, ça m’arrange, je ne suis pas Armstrong. Mais si un jour je fais naufrage, je sais bien que j’emporterai sur mon île déserte, dans un pochon étanche, l’encyclopédie Universalis et celle de Clémentine ...


lien :

https://www.facebook.com/Clementine.Melois

livres lus en attente (ou pas) de commentaire

lus en 2010-1011

Auschwitz et après (Les Editions de Minuit)
Charlotte Delbo

Tryptique initialement publié en 1965, 1970 et 1971. Le premier tome a été écrit en 1946, les deux autres, qui sont un retour sur cette «expérience», beaucoup plus tard.