Antoine  Bial

[obsessions textuelles]

⥣⥣ RETOUR à la page d’ACCUEILBienvenue.html
 

T’étais où ?


T’étais où
pendant
le big bang ?
T’étais où ?
t’étais où ?
bon sang !


T’es jamais
jamais
dans le coup
À contre-temps
à contre-cœur
à contre-tout !


Ils ont fait
l’Univers
sans toi
Sur la Terre
tu peux faire
une croix


T’es toujours
toujours
en retard
Maintenant
t’es content
c’est trop tard !


T’es parti
à l’envers
du miroir
Entre nous
t’as mis
un trou noir

T’étais où
pendant
le big bang ?
T’étais où ?
t’étais où ?

bon sang ! ...


Antoine Bial

le multivers de Bial

C’est la neige


C'est la neige

qui libère le paysage

de sa longue peine de couleurs


C'est la neige

qui le détache de l'horizon

efface les traces de ses erreurs

lui délivre le secret des espaces vierges


et dans la parenthèse des nuits blanches

le prépare en silence

à l'épreuve du printemps


Antoine Bial

Entre nous

Nous entre nous reconnus familiers
eux tous pareils étranges étrangers

Nous entre nous à demi-mot compris
eux tous pareils charabia gribouillis

Nous entre nous ici et maintenant
eux tous pareils là-bas la nuit des temps

Nous entre nous dans notre monde à part
Nous entre nous prisonniers des miroirs.

Antoine Bial

[e]

version "page blanche"


belle en boucle muette

petite voyelle de banlieue

détenue en marge

tue

je te donne page blanche

illumine

l'agile ronde des cursives

signe

chaque terme chaque ligne


belle en boucle rebelle

brise les règles apprises

élimine

les contraintes masculines

anime

l'austère grammaire

ranime

ses révoltes éteintes


belle en boucle nouvelle

minuscule et capitale

redessine

l'écriture féminine


celle

de l'autre moitié des lettres

oubliée


Antoine Bial

⥣⥣
retour
au sommaire
des textes de Bial
Antoine_Bial.html

Chanson pour passer l'hiver
(J'avoue)


J'ai pris mes quartiers d'hiver
Dans une autre Voie Lactée


J'avoue


C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Oiseau de nuit de nuit blanche
Les printemps m'étaient comptés
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Et mes ailes plumes blanches
À l'automne sont tombées
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Je garde une plume blanche
En souvenir de l'été
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


La voie Lactée m'enveloppe
Dans ses bras évaporés
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Elle m'ouvre page blanche
Une saison de papier
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Dans l'hiver tout blanc j'avance
Pas à pas à pas comptés
J'avoue
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés



Blanc sur blanc trop blanc je pose
Quelques signes d'alphabet
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés


Et la nuit blanche compose
le poème inachevé
C'est pas beau mais je m'en fous
Ici il n'y a que vous
Et les miroirs sont brisés



J'ai pris mes quartiers d'hiver
Dans une autre Voie Lactée ...

Antoine Bial

lune d'hiver


comme effacée

du paysage


triste lune d'hiver


chaque jour absente

un peu plus


SI tu fonds en larmes de neige


c'est que ta morte saison

repose


sous la couverture blanche


Antoine Bial

photo AB - lieucommun

<< photos AB - lieucommun >>

Ce texte est un poème "à contrainte féminine" (librement consentie) qui peut donner des idées pour la création poétique en classe. Il utilise la lettre "e", marque du féminin et lettre la plus fréquente à l'écrit.


Chaque mot contient une ou plusieurs lettres "e" avec exclusivement des noms féminins .

Les finales de vers riment en "e" ou en "é" (le dernier).


On pourrait titrer ce texte "la réapparition", clin d'oeil au roman "La disparition", de Georges Perec, écrit, lui, sans aucun "e", exercice bien plus difficile !

⥣⥣
retour au sommaire
des textes de Bial
Antoine_Bial.html